Les constats établis par le RJCCQ à l’issue du panel de discussion sur les échanges interculturels entre les jeunes gens d'affaires et les communautés autochtones

21.06.2019

Mise en contexte

Depuis maintenant 27 ans, le Regroupement des jeunes chambres de commerce (RJCCQ) soutient un réseau de plus de 40 jeunes chambres de commerce et d’ailes jeunesse à travers le Québec, composées de professionnels, cadres, travailleurs autonomes et entrepreneurs âgés de 18 à 40 ans. Le RJCCQ a développé au fil des ans, une expertise dans la création d'occasions de maillage et de jumelage afin de dynamiser l’écosystème d’affaires et entrepreneurial sur le territoire du Québec.

 

Dans le cadre de la Journée Nationale des Peuples Autochtones 2019, le RJCCQ a décidé de tenir une première activité de maillage entre ses membres ainsi que de jeunes entrepreneurs issus des communautés autochtones. L’objectif de cet exercice est de multiplier les opportunités commerciales en réunissant des experts en relations auprès des communautés autochtones, des entrepreneurs issus de ces communautés ainsi que des leaders de l’écosystème entrepreneurial jeune de Montréal. 

 

La Ville de Montréal est un choix stratégique pour le RJCCQ; il s’agit de la 8ième région métropolitaine au Canada où l’on retrouve le plus grand bassin d’autochtones. Pour le Québec, il s’agit du plus grand bassin avec plus de 34 000 autochtones en 2016[1]. De plus, Montréal était historiquement un lieu de rencontre et d’échanges pour plusieurs peuples autochtones. 

Cet événement, ainsi que les démarches qui en découleront, vise à cibler et à entreprendre des démarches d’inclusion de représentants des peuples autochtones au sein même du réseau du RJCCQ et en fonction de nos trois axes stratégiques :  

 

  • Représenter les jeunes gens d’affaires auprès d’intervenants publics et privés;

  • Favoriser l’échange et la synergie entre les jeunes chambres de commerce membre;

  • Encourager le développement des jeunes chambres de commerce à travers le Québec.

 

Ainsi, le RJCCQ a décidé de produire ce document qui se veut un ensemble des constats retenus lors de cette première édition, ainsi que des recommandations. Ce document sera par la suite acheminé aux décideurs publics afin de les sensibiliser sur la relation actuelle entre entrepreneurs et communautés autochtones.

 

 

Limitation de responsabilité

 

Ce document ne constitue pas une étude exhaustive, ni par le nombre et ni par la profondeur des constats ; il s’agit d’un document reflétant le point de départ d’un premier échange interculturel entre les membres du RJCCQ et des membres des communautés autochtones. Toutes suggestions ou commentaires permettant d’améliorer le document et de faire avancer la discussion sont les bienvenues en écrivant à direction@rjccq.com   

 

Constat 1

 

Le développement économique et social des communautés autochtones est le développement économique et social de tous.

 

Il existe au Québec et au Canada un écart sur le marché du travail entre les peuples autochtones et les non – autochtones et celui-ci se maintient même dans le contexte actuel de rareté de la main d’œuvre[2]. À cet égard, les peuples autochtones ont un taux de participation à 61,4% tandis que les non-autochtones un taux de 65,4%, soit un écart de 4 points. Le Québec ne se retrouve pas en tête de peloton en ce qui a trait à cet écart ; néanmoins, l’écart dans le taux de participation se retrouve au-dessus de la moyenne du Canada, soit à 4,3 points. En ce qui a trait au taux d’emploi, le Québec (7,8 points) fait un peu mieux que la moyenne canadienne (8,4), mais l’écart entre les deux groupes demeure très significatif[3].

 

Toute société aspire à une participation active de sa population dans la création de richesses et en ce sens désire des taux de participation et des taux d’emploi élevés, tout en étant conscients de l’aspect conjoncturel de ces données. Or, les données empiriques démontrent clairement qu’il s’agit ici d’un enjeu structurel de par l’existence historique de cet écart.

 

Compte tenu de la croissance rapide et importante de la communauté autochtone sur le plan démographique, la corrélation entre une meilleure intégration des autochtones et la croissance économique devient de plus en plus significative.

 

Il est donc important de conclure que le développement économique collectif dépend du développement économique des communautés autochtones. Par ailleurs, force est de noter qu’une sous-représentation de membres des communautés autochtones sur le marché du travail est en soi une opportunité ratée pour la société québécoise et canadienne.   

 

Constat 2

 

La réalité économique des communautés autochtones demeure encore à ce jour méconnue.

 

En 2010, Environics avait mesuré à 15% le nombre de Canadiennes et Canadiens connaissant les obstacles vécus par les peuples autochtones[4].  En 2016, ce chiffre s’élève à 22%, soit une augmentation de 46% en 7 ans[5]. Malgré cette avancée, il n’en reste pas moins que près de 4 personnes sur 5 au Canada ont une méconnaissance des enjeux économiques des communautés autochtones.

 

L’aspect positif de ces données est que 79% des gens sondés ont démontré un intérêt à en apprendre davantage sur les peuples autochtones[6].

 

Constat 3

 

Lorsque la réalité économique est discutée, elle est majoritairement perçue selon un paradigme de partage de la richesse aux dépens de la création de la richesse.

 

Toujours selon Environics, seulement 6% des non-autochtones répondent que le chômage et les enjeux économiques représentent les principaux enjeux pour les communautés autochtones[7]. Plus inquiétant encore, 66% des Canadiens se disent d’accord ou très en accord avec l’affirmation selon laquelle les autochtones ont un sentiment que tout leur est dû.

 

Ces données révèlent qu’à ce jour, le paradigme dans lequel est présentée la réalité économique des autochtones en est un de partage de richesse et non de création de richesses. De manière qualitative, il appert de constater qu’il s’agit là d’un frein potentiel à la création de rapprochements et de partenariats entre les autochtones et les non-autochtones.

 

Constat 4

 

Les peuples autochtones doivent déterminer et prioriser les enjeux et les pistes de solutions pour leur développement économique eux-mêmes

 

La Déclaration sur les Droits des Peuples Autochtones, adoptée depuis 2007, est claire à cet effet; les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination et à l’autonomie[8].

Ce constat s’avère des plus importants, car il s’agit d’un élément déterminant dans la structure des partenariats, des manières de participer activement à des rapprochements entre différents groupes de la société civile et les membres des communautés autochtones et de manière encore plus importante de la nature égalitaire entre toutes les parties prenantes.

 

Ce constat peut sembler évident pour certains ; le constat précédent et les données sur l’impression des non-autochtones que les autochtones ont un sentiment que tout leur est dû nous poussent toutefois à rappeler que nous sommes tous égaux et avons tous droit d’être traités de manière équitable.

 

 

Constat 5

 

Nous devons être prêts à les accueillir et à travailler main dans la main

 

Ce dernier constat vient complémenter le constat précédent ; nous ne pouvons et ne devons pas faire fi du droit à l’autonomie et l’autodétermination des communautés autochtones. Ceci dit, il appert important de reconnaitre l’importance de sensibiliser la société civile à toute la richesse mutuellement bénéfique pouvant découler de rapprochements et de partenariats.

 

Tel que mentionné précédemment, nous assistons à une croissance démographique rapide de la population autochtone au Canada ; notre réussite économique collective ne peut que s’améliorer en apprenant à se connaitre mutuellement.

 

Prochaines étapes

 

Dans le désir d’approfondir les relations entre jeunes entrepreneurs autochtones et non-autochtones, le RJCCQ désire publier ce document et permettre à tous de commenter et suggérer des modifications. Il serait des plus pertinents de tenir ce genre de rencontres de manière périodique, afin de pérenniser les relations et contribuer à la sensibilisation de la réalité économique des communautés autochtones et créer de nouveaux partenariats.

 

 

 

 

[1] Ville de Montréal (2016), Peuples autochtones : La population autochtone à Montréal, (Disponible en ligne)  : http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=8258,143108168&_dad=portal&_schema=PORTAL

 

[2] OCDE (2018 ), Indigenous Employment and Skills Strategies in Canada, (Disponible en ligne) :

https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/9789264300477-6-en.pdf?expires=1561020801&id=id&accname=guest&checksum=82510DD3A4CBFBB2E85C66E2503FC2C0

 

[3] Ibid.

 

[4] Cleary, Brenda et Élisabeth Fast (2017), Le respect des autochtones passe par la connaissance de leur histoire, (Disponible en ligne) :  http://plus.lapresse.ca/screens/28130c6c-18b6-4641-9b4e-d08583845c92__7C___0.html

 

[5] Environics (2017), Canadian Public Opinion on Aboriginal Peoples, (Disponible en ligne) :  https://www.environicsinstitute.org/docs/default-source/project-documents/public-opinion-about-aboriginal-issues-in-canada-2016/final-report.pdf?sfvrsn=30587aca_2

 

[6] Supra note 5, p. 17

 

[7] Ibid, p. 19

 

[8] ONU (2007), Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, (Disponible en ligne)  : https://www.un.org/esa/socdev/unpfii/documents/DRIPS_fr.pdf

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